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Consumismo


Alberto Pimenta no Café Concerto (Rádio Comercial – 1980)

 

Alberto Pimenta, nos primeiros meses de 1980 – suponho que tenha sido em Fevereiro – foi convidado do programa Café Concerto, da Rádio Comercial, para contar a sua experiencia de 1977, no Jardim Zoológico, quando esteve numa jaula, em exposição, durante algumas horas. No referido Jardim conversou em 1980, com Aníbal Cabrita e Jorge Falorca, sobre esse acontecimento e outros.

A conversa foi apresentada entre as 23h e as 24h numa das primeiras emissões do Café Concerto, programa que tinha começado a ser emitido em 4 de Fevereiro de 1980. Aqui fica a última hora desse programa, numa gravação, já com 30 anos, que descobri numa velha cassete. O som não será o melhor mas…

Alberto Pimenta no Café Concerto (Rádio Comercial – 1980)

Retirado do site do Café Concerto.


Benjamin Péret insultando um padre


Quand la montagne accouche d’une souris : le groupe Krisis à la recherche des limites indéapassables du système

(Charles Reeve)
Les écrits du groupe Krisis, constitué autour du sociologue Robert Kurtz et éditeur en Allemagne de la revue du même nom, étaient peu connus en France. Cette lacune est désormais réparée par la publication du Manifeste contre le travail.(1)

La critique de la morale du travail, dans la pensée de gauche, donne un ton et une fraîcheur à un texte où Krisis tente de caractériser la situation actuelle du capitalisme. Il s’agit d’abord pour eux de démonter les recettes réformistes prétendant corriger les méfaits du capitalisme de casino : les nostalgies keynésiennes, les revendications d’un salaire social, ou encore la taxe Tobin-Attac. Pour Kurz et ses amis, la spéculation est la conséquence de la crise de l’investissement et non le contraire(2). « C’est le critère de la rentabilité même, ainsi que ses bases, qui sont celles de la société de travail, qu’il faut attaquer comme obsolètes. » (p.74). Krisis se démarque aussi des projets des divers courants socialistes qui ont cru faire des revendications quantitatives, les luttes économiques et syndicales, le levier de l’émancipation sociale. Ce processus d’intégration est aujourd’hui suivi par l’éclatement du monde ouvrier ; terrain sur lequel « sonne le glas de la gauche classique » (p.86). C’est pourquoi, dans les projets de sa refondation, « la nostalgie social-démocrate et keynésienne se substitue à la rupture avec les catégories du travail » (p.87). Krisis souligne la nature étatique des projets de salaire social et de revenu garanti, recoupant en cela d’autres critiques(3).

Jusqu’ici, rien de nouveau sous le soleil ! Concernant la critique du réformisme moderne, Krisis répète – avec un goût prononcé pour la suffisance -, ce qui a déjà été écrit. Cas d’école très répandu, à les lire il semble que la critique du capitalisme contemporain aurait commencé le jour où ils se sont mis à réfléchir. Mis à part quelques références au « situationnisme » et aux courants du gauchisme italien, quelques formules qui rappellent Le droit à la paresse de Paul Lafargue (jamais cité), on balaye tout sans distinction et on jette, pêle-mêle, le pire comme le meilleur dans les poubelles de l’histoire. Dès lors, on ne s’étonnera pas de voir le mouvement ouvrier réduit au syndicalisme, simple élément « accélérateur de la société du travail ». Fait significatif, on cherchera en vain, dans ce Manifeste la moindre allusion aux ruptures révolutionnaires du XXe siècle ou une seule référence aux courants révolutionnaires du marxisme et de l’anarchisme.

Une idée centrale constitue l’ossature des analyses de Krisis : le capitalisme est un système dont le but est « la société de travail », « L’histoire de la modernité est l’histoire de l’instauration du travail » (p.45), « Le travail est une fin en soi dans la mesure même où il sert de vecteur à la valorisation du capital argent, à l’augmentation infinie de l’argent pour l’argent. Le travail est la forme d’activité de cette fin en soi absurde. » (p.33) Jamais ce vecteur-travail n’est défini comme relation sociale, historique, ni caractérisé spécifiquement comme travail aliéné, salarié (4). Or, c’est la dépossession du travailleur de sa propre activité qui lui enlève le contrôle de sa propre vie. C’est l’activité humaine devenue marchandise, qui fonde les séparations. Chez Krisis, la notion de profit est absente, le concept d’exploitation compte peu puisque « la machine capitaliste n’a d’autre finalité qu’elle même » (p.18).
La valorisation bourgeoise du travail est placée au centre du fonctionnement du système dont le but serait de faire travailler les individus ! Ce discours – qui renverse la morale religieuse voyant dans le travail la vocation naturelle de l’homme – foisonne de formules moralisantes : « principe cynique », « système délirant », « loi du sacrifice humain », « croisade au nom de l’idole travail », ou encore « il vaut mieux avoir “n’importe quel” travail plutôt que pas de travail du tout est devenu la profession de foi exigée de tous » (p.14). Or, si le prolétaire s’entête à chercher du travail, n’est-ce pas parce qu’il ne peut pas faire autrement, la vente de sa force de travail étant son seul moyen de survie ?

Qu’est-ce qui caractérise la crise de la « société de travail » selon Krisis ? Voici des éléments de réponse : « Avec la troisième révolution industrielle de la micro-informatique, la société de travail se heurte à sa limite historique absolue. » (p.60). Plus précisément, « pour la première fois, on supprime davantage de travail qu’on ne peut en réabsorber par l’extension des marchés. » (p.62). Il s’en suit que, dans une société qui « n’aura jamais autant été une société de travail (…) le travail est devenu superflu. (…) c’est au moment même où le travail meurt qu’il se révèle une puissance totalitaire. » (p.14) (5). Krisis semble oublier que cette nécessité d’élever constamment la productivité du travail, de remplacer le travail vivant par des machines, est intrinsèque au processus de production de capital. En période de crise, toute la force de travail ne trouve pas preneur sur le marché et l’apparence du travail comme superflu n’en est que la conséquence. En tirer une interprétation de type « catastrophique » représente une mystification, c’est renouer avec l’approche millénariste, présenter les contradictions présentes du capitalisme comme indépassables. Tout au long de son histoire, le capitalisme a pu rétablir, au prix de la barbarie, des nouvelles conditions de production de profit, créer de nouveaux marchés, et se faisant se perpétuer. Le capitalisme va mal, mais il ne s’effondrera pas de lui même, il faudra bien l’intervention de forces sociales décidées à inscrire dans les faits un projet émancipateur. Là est la seule limite « absolue » du système.

La « rupture avec les catégories du travail », Krisis l’associe à un « projet de resolidarisation ». Celui-ci doit se concrétiser dans de « nouvelles formes d’organisations sociales (associations libres, conseils) (qui) contrôlent les conditions de la reproduction à l’échelle de toute la société » (p.95). Après avoir assimilé prolétariat-sujet historique, grève et intégration syndicale au mouvement ouvrier réformiste Krisis a pour ambition de poser les jalons d’une « nouvelle théorie de la transformation sociale ». De celle-ci émerge la proposition d’une auto-organisation autour d’une « lutte pour un fond de temps social autonome ». Sur ce thème, la lecture du Manifeste gagne à être complétée par d’autres textes du groupe(6). Et c’est alors qu’un épais brouillard tombe sur la ville !
Le secteur dit de l’« économie sociale » (ONG et associations) est défini comme « forme embryonnaire d’une reproduction émancipatrice et non-marchande », qu’il s’agit de « radicaliser et unifier dans la perspective d’un dépassement du système producteur de marchandises ». Un autre axe de lutte y est associé : « la paralysie du système nerveux de la reproduction capitaliste », par des grèves de camionneurs et les barrages des écologistes contre le transport de matières radioactives. Enfin, squats crèches autonomes, associations de consommateurs, coopératives, occupations de terres dans les pays pauvres, sont susceptibles d’organiser une « reproduction autonome » et contenir en germe l’exigence d’une production non-capitaliste. Les niches alternatives au sein de la société, les zones autonomes temporaires, refusées en théorie dans le Manifeste, sont repêchées dans la pratique. Toute insubordination est-elle subversive ? Comment ces « embryons » pourront-ils dépasser le système ? Peut-il y avoir dépassement sans rupture ? Voilà autant de questions que Krisis ne pose pas. Ici comme ailleurs, l’abandon des catégories de classe se fait au bénéfice d’une sorte de « front alternatif », proche de l’activisme citoyen.

Corporatisme oblige, Krisis n’oublie pas qu’« il faut créer un nouvel espace intellectuel libre où l’on puisse penser l’impensable. (…) Seule une critique du travail, nettement formulée et accompagnée du débat théorique nécessaire, peut créer un nouveau contre-espace public, condition indispensable pour que se constitue un mouvement social pratique contre le travail. » (p.92). Nous voici revenus au vieux schéma sur le rôle des intellectuels dans l’élaboration de la conscience. Si c’est cela « penser l’impensable », les réponses de Krisis sont tout aussi décevantes et prétentieuses que les projets des néo-réformistes critiqués. Les invectives de « bricoleurs réformistes » et de « théoriciens analphabètes » que les auteurs de Krisis dirigent aux défenseurs du salaire social risquent bien de se retourner contre eux. L’avertissement élogieux des éditeurs français – classant le Manifeste en troisième position au hit-parade de la radicalité, après Le manifeste du Parti communiste et De la misère en milieu étudiant – tombe à plat. La montagne a accouché d’une souris.

NOTES :
(1) – Robert Kurz, Ernest Lohoff, Norbert Trenkle, Manifeste contre le travail (édition française établie par Olivier Galtier, Wolfang Kukulies et Luc Mercier), Paris, éditions Léo Scherr, 2002.
(2) – Cf. dans ce numéro 10 de Oiseau-tempête, “Les bulles de l’utopie capitaliste” in « Les forteresses fragiles », p. 21.
(3) – En France, quelques textes posent les jalons de ce débat : L’économie de la misère, Claude Guillon, La Digitale, 1999 ; « La vraie mission de l’État », Charles Reeve, Oiseau-tempête, n° 7, automne 2000 ; « Revenu garanti : quelques interrogations malvenues », Nicole Thé, Les temps Maudits, n°11, octobre 2001 ; « Il faut mater le précariat ! », Laurent Guilloteau, Multitudes, n°8, mars-avril 2002 ; enfin, un ouvrage de synthèse, Garantir le revenu, Laurent Geffroy, La Découverte, 2002.
(4) – Ici comme ailleurs, la confusion entretenue entre les notions de « travail », d’« activité humaine » et de « travail salarié », producteur de marchandises pour autrui (le capitaliste), conforte ceux pour qui l’activité humaine ne pourrait que reproduire le travail aliéné d’aujourd’hui.
(5) – Le Manifeste reprend ici, à sa façon, l’idée de la « fin du travail », répandue depuis des années dans certains milieux dit« radicaux » et dont certains poussent les conclusions jusqu’à affirmer la disparition des classes sociales et donc de la lutte de classes.
(6) – « Antiökonomie und antipolitik », Robert Kurz, revue Krisis, n°19, 1997. Les citations sans référence se reportent à ce texte.
Quand la montagne accouche d’une souris : le groupe Krisis à la recherche des limites indéapassables du système.